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EDOUARD AL-KHARAT: UN LECTURE DE L’OUVRE DE GEORGES |
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BAHGORY (Al-Muhit al-thaqafi, 09-2003, no 23- pages 69 a 71) |
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Georges bahgory, l’artiste de l’icône moderniste Par E. al Kharrat |
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Georges Bahgory s’est présente lui-meme lorsqu’il avait expose a la galerie Picasso en disant qu’il était ne deux fois : une permiere fois a bahgoura (Louxor, 1932) et une seconde fois a paris (1969). Sone frère aine l’a mis en contact quand il avait dix sept ans avec son ami Kamal Amin. C’était en 1949. Ce dernier fut son tuteur à l’Ecole des Beaux-arts de Zamalek. Plus d’un demi-siècle plus tard, Georges retourne à Zamalek pour une exposition des ses œuvres. |
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Le plus souvent, lorsque l’on evouque George Bahgory, son nom se trouve associe a la caricature grâce a laquelle il est connu auprès du grand public en egypte (et dans les pays arabes sans doute). Mais a Georges Bahgory, l’artiste des portraits et des monuments humains, cette eclbrite par la caricature a cause du tort. En effet, lui même en dit : «Il est vrai que ma relation avec l’art de la caricature existe toujours, mais elle n’est pas a la base de toute création. » Dans le cas de Georges Bahgory, il s’agit probablement d’un penchant not avoue qui l’a porte a élaborer des caricatures. Et c’est cette même affinité entre Georges et la caricature qui a eu un impact sur une tournure artistique qui ressemble a la caricature tout en se démarquant d’elle. Georges a tendance à peindre a travers un concept de « déformation esthétique », si j’ose dire. |
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La déformation, ou distorsion1, ne renvoie pas à un message lie au fait social, comme la plupart des caricatures. Déformer ne porte pas comme signification celle de focaliser le regard sur un trait saillant, physique ou moral, du caractère représente. Grande est la différence. La déformation en penture va chez Bahgory encore plus loin. Sur un nouveaux mode, il établit une esthétique insolite qui exprime une vision (des vision ?) de l’artiste face au monde et face aux personnes qu’il y d’une déformation revêtue de la propre viodion du peintre britannique, pessimiste et noire, qui frôle le refus et le nihilisme, mais, chez Georges, la distorsion voire la défiguration qui s’auto reproduit elle-même s’éclaire aussi d’une lumière fable et luisante. Georges réunit la joie de vivre et la tristesse, l’amour des réjouissances s’empare (pou que motif, qu’importe) du profond désespoir sédimente dans la conscience égyptienne immémoriale. |
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Avec certitude, je le crois, la tendance a caricaturer-deformer jaillit de la protestation contre un monde cruel et contre l’injustice sociale, voire l’injustice cosmique. La révélation s’en est manifestee clairement dans l’une des expositions de Bahgory qui remonte a 1976. Déjà la caricature se mêlait alors aux portraits et leur apportait sa marque distinctive qui « saute aux yeux ». Le portrait prit des lors une forme graphique. Aux lignes qui se croisent. Georges prit soin non pas de populaire issue de la campagne et des bas-fonds de la ville. A cela s’ajoute une présentation incarnant le trait principal de l’icône de style Bahgory. Celle-ci s’inspire – de manière saisissante – de sortilège des portraits du Fayoum et du charme des icônes coptes. L’originalité du cachet de l’artiste est remarquable. Cet aspect tire du folklore est peut-être donc celui qui attira l’attention des critiques qui ont consacre cette exposition à Bahgory. |
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Le demi visage suggère le masque icône. Les lignes qui délimitent les visages – et les autres créatures
– marquent une séparation nette de ;’ensemble. Le visage représente, qu’il soit morcelé, complète ou presque achève engendre un sort d’opposition contrapuntique. La pâte chromatique est alors fragmentée, aplatie. Creusée et trouée. Ces lignes de contour mises en évidence s’inscrivent à la fois dans la lignée du Draughtsman, du dessinateur au crayon incisif et du Painter, le peintre sensualité du grain de peau des toiles de Georges Bahgory épouse rarement une impression explicitement érotisée. En général rien de lascif ne pointe a travers l’œuvre de Bahgory : toue la sensualité se révèle dans les couleurs plastiques et épaisses. Elle ressort du relief de la matière qui en fait presque une sculpture. La sensualité est fortement présente. Aussi des ou deux tableaux tout au plus, à ma connaissance, possèdent un sujet efotique au sens plein du terme, ce sont les toiles les moins sensuelles de Georges Bahgory. La composition et les couleurs ensemble y paraissent transparentes, délicates, frêles, lisses et pures. Quant à la sensualité débordante, elle ne se trouve que dans le tableau icône ou le ou le coup du pinceau charge de couleur qui s’incarne est exubérant. Mon idée se confirme par ce que Georges lui-meme a écrit dans le catalogue de Moucharabieh (9 septembre a 16 janvier 1986) : « Le processus de création artistique commence chez moi par la recherche d’une texture. Le toucher d’une feuille ou autre se transforme. Je sens alors comme a fleur de peau l’épiderme humain ou une rose, une pomme… Au premier abord, on veut les toucher du bout du doigt. Est-ce que tu peux te contenter de les regarde ? Parfois il arrive qu’on ne croie pas à ses yeux. Le toucher chez moi précède le sens de la vue. En dernier vient le sens auditif. » |
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Et Georges poursuit encore : « Chaque sculpteur, chaque peintre vit a propre expérience de rechrch d’une matière authentique. Je me suis choisi le papier qui présent des aspérités qui me font penser a l’arbre plein de sève et de vie. J’aime aussi la toile qui vient directement d’une plante. Par exemple, le lin. Je n’aime pas le contact des matériaux industries : ni fer, ni acier. L’aluminium, le formica m’insupportent. Le verre m’est artificiel. Si, pour moi, le travail artistique est pareil à une expérience amoureuse, l’étape qui doit suivre dans la pratique de création amoureuse entre les deux amants est celle des soupirs, de la respiration audible et acceleree. Le processus de création est une recherche du contact physique, de souffle, de voix, de mots c’est la part de spiritualité indispensable à toute création. L’art est alors figuratif ou abstrait, peu importe, une remarque : je m’écarte loin de l’art abstrait, a dessein. |
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Il est clair que Georges Bahgory insiste sur le fait que sentir et toucher une matière ne relèvent pas d’un même registre. It. est superflu de dire que l’œil a un grand rôle ainsi que la dimension visuelle. Dans le mécanisme de la création artistique, chez un artiste qui sculpter la matière, le regard est primordial. Cette acuité du regard se trouve aussi chez Georges Bahgory écrivain. A ce propos, je me rappelle d’avouer lu une première version de l’autofiction dont il était l’auteur. A ce moment-la, Georges ne pouvait résister a la tentation de dessiner des portraits miniatures de chacun de ses personnages. Au beau milieu du manuscrit. Combien cela m’aurait-il plu de voir ces mini portraits au sein du texte imprime et définitif. Cette particularité de Bahgory s’affirme non seulement dans sa façon de représenter les visages, les paysages, les vêtements et le décor des intérieurs mais aussi dans la manière de rehaussent totes sortes de mets qui se transformwnt en couleurs. Rien que des couleurs, je cite : « la casserole ou cuit le ragoût de courgettes est sur le promus allume a fond. Sa couleur est d’un vert jaune qu’entoure un cercle rouge de sauce tomate, la courgette brille dans la cawwerole de cuivre parsemée de taches rondes de beurre fondu de l couleur de l’or. » |
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Regardons maintenant comment il décrit le vêtement de ‘Atallah effendi ‘ (qui n’a jamais obtenu le titre honorifique de bey) : « la djellaba aux rayures bleues et gris vire au violet a cause de la réflexion de la lumière de la pièce tatot rose tantôt rouge brique. « O qu’elle est intense les dégrade, les ombres et la réflexion de la couleur et de la lumière, on dirait que le monde est silence pour lui. Que la perception par les yeux est la seule qui compte. C’est la substance et du livre et de l’art de Bahgory. Tout chez lui est palpable, matière a voir, a toucher. |
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De la, l’icône de faltas est avant tout une icône ou bien disons un ensemble d’icônes. Elle est le roman d’un peintre dessinateur. Les séquences sont des scènes peintes qu’enchantées un fil narratif. Le visuel forme un tableau icône immense. Le pont de vue central est celui de Faltas qui observe et qui porte l’icône comme un substitut de Morcos le sait « regard de Dieu ». |
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Faltas, c’est le nom que s’est donne Georges Bahgory dans cette fiction autobiographique, n’est que la forme copte de Philotheos ou celui qui aime Dieu. C'est-à-dire celui qui aime le sacre de la vie, le sacre qui est humain en son essence. |
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J’estime que la notion d’icône est la cle de l’œuvre de Bahgory. Dans ses premières œuvres, il s’occupait de la cote sociale des choses. Puis l’aspect merveilleux et sacral est devenu inséparable de la trace des portraits peints, il faut dire inséparable des « icônes » de Bahgory . (…) |
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Georges a une prédilection pour la technique du collage. Il a très souvent recours à cette technique. Même par le biais du collage – tout comme avec sa pratique de la couleur – l’usage qu’il en fait est semblable a une technique sculpturale. La sculpture chez Georges Bahgory est d’abord et surtout un art palpable. |
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Le collage et la sculpture |
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Georges al-Bahgory a une preferenc marquée pour le papyrus, pour ses granules et le renflement graphique tisse dans ses fibres. It. en va de même de la grossière toile de jute et du papier japonais. Tout cela constitue le matériau de prédilection du peintre- sculpteur : Georges Bahgory est un artiste totalement conscient et martre de son savoir-faire. |
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Ailleurs, it. dit : « le tableau, quoi qu’il en soit, est une surface plane. De dos, en observant sa face postérieure, on ne voit d’une toile que son papier lisse comme une feuille. Il est vrai que j’ai donne du relief à certaines formes mais un tableau artistique demeure malgré toute une surface plane. Aussi, chez l’artiste, existe-t=il un sentiment de nostalgie, tout le temps, pour la dimension corporelle. Pourquoi ne pas transformer la tête que je viens de dessiner en une pierre ou un morceau de bois pris dans un arbre ? Pourquoi ne serait-elle pas d’abord une entité, une seule masse que je vais ensuite modeler selon non désir. » (Magazine La moitie du monde, 11 juin 1995) |
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De ce point de départ, nous pouvons saisir l’importance de la représentation qui donne corps a la peau des visâtes que peint l’artiste. Car la peau ici – qu’elle soit le résultat d’un matériau choisi pour cet usage pictural : papyrus, papier japonais ou jute, ou bien issue de l’utilisation des couleurs pétries – est une peau irriguée par le sang vital. L’épiderme est ici pénètre d’une eau vivante puisée dans des formes artistiques privilégiées. La peau de visage possède un relief qui parait être palpitant, sculptural. |
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Le collage, la sculpteur, la peinture en relief chez Georges Bahgory tentent toutes de donner une configuration novelle au monde, d’un point de vue merveilleux, place au-delà du réel, autrement dit « religieux », passant très près du sacre, et donc de l’Homme, a travers des visages et puis a travers toutes les créatures. |
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Georges sculpteur ’en approche, a sa manière, quand it. dit : « je n’aime pas la perspective, exactement comme l’artiste primitif attaché aux formes archaïques. Ce qui est proche parait loin et le Iodation parait rapproche. C’est une question mesurée par l’instinct et l’intuition et non par l’œil nu, photographique. » |
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« Je suis mon propre mode qui me conduit dans une voie que j’aime composée de lignes courbes, sinueuses, brisées. C’est un désordre qui plait a mon âme. La, je vois les choses a travers ma propre vision, dans mon cadre personnel que je considère comme une forme informe. Ce non forme que j’aime au préalable est cèle-la même qui me conduit au terme de mon travail vers une forme nouvelle et inattendue. Elle me surprend tout comme elle étonne le regard des autres. Le problème du cadre après cela devient celui de la délimitation du volume. Comment marquer ensuite les dimensions de l’œuvre artistique construite à partir d’un resutat final auquel j’ai abouti ? Une forme ne sculpteur ’impose jamais a moi d’emblée. Ce n’est pas un obligation a’ laquelle je dois répondre. Combien nombreux sont les artistes qui répriment sans le savoir leur sopntanete tellement ils sont soumis à des contraintes ! » (Catalogue moucharabieh, 1986) |
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La, Georges Bahgory rejoint ce que j’appelle l’au-delà du réel, ou l’ordre métaphysique. A sa manière et comme il l’a dit lui meme, il met en évidence deux aspects : premièrement la forme a laquelle l’a mène son choix de ce qu’il nomme une « non forme », autrement dit son détachement du carcan des banalises des sentiers battus pour transcender la technique et dépasser l’angle de vision. |
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Deuxième aspect : la liberté de l’artiste capable de vaincre la répression qui sculpteur ’impose a lui tour a tour de l’extérieur – que l’on connaît et de l’intérieur, de son moi inhibe. |
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L’objectif de Georges est atteint brillamment lors de l’exposition de l’an 2000 à la Galerie Picasso à Zamalek. |
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Le visage iconique, ses yeux immenses, calmes, recueillis et qui s’ouvrent au-delà` des horizons en une extase contemplative… Les prunelles y prennent une couleur foncée, plutôt noire, des deux cotes d’un rectangle lumineux mais d’une blancheur livide. Le visage est absorbe par un nez rectiligne et imposant. Le rectangle déchire et unit à la fois les deux parties de la longue face ovale. Ici règne le ton marron, ocre, or pali et cuivre quine tant Bahgory. Dans cette face-la on sent l’équilibre et la stabilité. Elle exprime une signification autrement humaine : celle de l’éternité |
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Toujours dans cette même expo, un tableau nous montre deux musiciens populaires caches l’un derrière sa violoncelle tandis que l’autre perce a peine de sous le tambour qu’il est en train de marteler. Dans ce tableau, les deux figures architecturées, cote à cote, répondent au penchant de la ’’distorsion’’ encore une fois. Ce n’est pas dans une intention satirique ou répulsive. Tout au contraire, les notations chromatiques unissant les obscurs et les clairs suggèrent une part d’émotion, de compassion et de chaleur humaine. |
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Un tableau représente Oum Kalthoum. Il attire l’attention. Un jour, Salah Jahine avait dit à Georges ’’dessine-moi Oum Kalthoum’’. C’est la que la déformation artistique atteint son apogée. Le cou de la chanteuse, d’où sort une voix semble en sueur, grossi, pareil à une colonne que serait l’axe principal du tableau et peut-être du modelé original. La bouche est ouverte, la tête est tirée vers l’arrière, relevée, au point de laisser croire à des yeux inexistants. Ici, une seule couleur, le pourpre clair ou fonce, les dégrades de rouge et de rose surmontes d’une épaisse chevelure noire sur des épaules aux tons noirs aussi. Sur le bord, une forme irradie une couleur blanche tachetée de rose légèrement cramoisi, une tache sombre serpente vers les épaules et les cheveux. On dirait un spectre rayonnant, mythique. |
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Deux autres tableaux tombent sous la logique de l’inspiration duelle de l’artiste : le tableau du Voyage de la Sainte Famille en Egypte ou on sent une empreinte d’art naïf, primitif, perçu par un regard d’enfant. Une barque flotte sur une mer étale ou nage une enfilade de gros poissons visibles, alignes, en rang et réguliers. La voile du bateau est fixée à bord, de même que les inscriptions qui y figurent. ’’Je m’en remets à Dieu’’, ’’Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.’’ La figure de Saint-Joseph le charpentier est debout, haute, fiere-dans son cadre originel et la Madone sont une vierge au visage radieux, d’un rond presque parfait, dont émane un sentiment de bonté maternelle. Quant au divin enfant, ce n’est qu’une tache de lumière contenant seulement des signes allusifs, des points minuscules résumant les traits de la sainteté et de l’innocence humaine. L’arrière-plan du tableau rassemble une variété de fréquences de vert et de jaune. Dans un coin, des dattiers mystérieux, sans détails précis, effiles et élances. Ces dattiers se reflètent dans l’eau du Nil et forment une ombre qui ondule dans le fleuve ou vont alterner le marron et un beige fonce. Il y a dans ce tableau une douce pureté spirituelle. Elle est a l’antipode d’une autre toile ou sont superposes au Rembrandt que l’on connaît les traits de Bahgory en personne. Dans cette double peinture les couleurs foisonnent de vitalité. C’est comme si le visage avait traverse une brume dense, sombre, noircie ça et la ou même des nuages noirs, tempétueux. Si la peinture ici s’éloigne de la simple idée de narration littéraire, l’encodage qui fait allusion a la vie de Rembrandt et l’ouragan de la vie de Georges ( ?) n’échappe pas à nos sens. |
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Le va-et-vient entre la pureté et la luminosité de la notation chromatique d’une part, et la couleur sombre comme une tempête, le roux fonce, terreux, assobbri d’autre part, ne cesse de hanter l’artiste. Cela appartit a travers les tableaux aux visages inspires des inconels. Ceux sont tour a tour caractérises par la monumentalité de leur dimension puis par la perturbation volontairement nerveuse envahie par les coups de pinceau, de brosse qui se bousculent les uns les autres. Libres, affranchis et foisonnant d’émotivité. |
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Le plaisir de contempler l’univers atypique de ce peintre n’est pas près de toucher à sa fin. Il se situe hors du lieu commun et du deja-vu pour aller vers les horizons d’une liberté tumultueuse. Vers l’horizon d’un au-delà. |
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L’icône de Faltass |
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De Georges Bahgory nul n’est censé ignorer la virtuosité de son pinceau de peintre ou de caricaturiste. On connaît moins celle de l’écrivain. Le style est a chaque fois neuf et vif. La parole métissée de dialecte et d’étranges sabirs. Il signe ici un grand roman pathétique et drôle ou l’humour et l’émotion donnent à réfléchir. Et tout comme avec ses dessins, on a l’impression qu’en trente secondes sont nés de ses doigts ces visages d’une ressemblance manifeste avec le modèle. Les visages sont ceux d’une famille copte qui se décline sur quatre générations. A grands traits fermes et a coups de flash-back on remonte avec elle au début du siècle. Faltass embryon – c’est important – puis enfant puis jeune homme est au centre du livre. Il nous guide a travers les lignées paternelles, branchages maternels et coutumes coptes.c’est l’œil qui voit, commente et ironise même sculpteur ’il laisse volontiers d’autres occuper le devant de la scène. Nul n’est relègue au rang de figurant. Hanna, Alice, Marguerite, Youssef, Louise, Gamil, Georges, Attallah et les autres entrent dans le champ du roman de toute leur histoire. |
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« Faltass Bd-el-Messih Bechai Guerguess seledass Chenouda guerguess » est ne avec un secret cache a tous. Dans la paume de sa main droite les lignes forment une image pieuse : une Vierge a l’enfant. Il grade la main obstinément fermée. Etrange envie avec laquelle il est ne et qu’il contemple de temps en temps…Seule la mère réussit a voir la petite main a la dérobe. Elle remarque que les lignes sont d’une beauté singulière et rien de plus. Personne ne comprend le secret de l’icône. Elle le rend serein dans les moments difficiles de la vie. |
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C’est un enfant qui crie beaucoup. Habitude qu’il a contractée a sa venue au monde et qui mettra longtemps à le quitter. Une forme dérivée de révolte et d’entêtement, nous confie-t-il. Les fruits d’un goyavier devenu avec le temps ami et complice, il les martyrise de secousses et les fait tomber quitte à se faire gronder. Et sculpteur ’il se caché pour les manger même encore verts pendant que les autres sont a l’église, c’est que le petit Faltass voue aux goyaves un culte particulier.Persuade d’être la réincarnation d’un oiseau qui vivait heureux parmi des amis oiseaux, il se dit que cette famille qui n’pas choisie ne lui déplait. Il lui rappelle quelque chose comme « fauche » (mefaless) ou falssaf : philosopher ou philosophe du dimanche. Pourtant ce sont surtout les dimanches qu’il se met à réfléchir sur ces Anglais missionnaires prêchant le protestantisme parmi les Coptes. Que veulent-ils alors que leurs compatriotes font la loi dans le pays ? |
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Parlant des siens il n’hestite pas a faire état de travers et de tares (avarice d’un oncle riche qui mène cousins et cousines a le dépouiller par le vol, cruelles belles-mères) aussi bien que d’une multitude d’aspects estimables. Très tôt se profilent des dons d’artistes : Faltass aime a gribouiller dans les cahiers du grand frère puis dans ses propres cahiers. Des ses quatre ans, il accompagne souvent son père quand il fait son cours d’anglais. Un honnête instituteur dévoue et estime de tous. On pense tout de suite au Pagnol de la Gloire de mao père sauf que le père ici sculpteur ’appelle Abd-el-Messih effendi. Grand admirateur des Anglais, de leur langue et même de churchill (a tel point qu’il dit en plaisantant a sa seconde épouse que quand ils auront un fils ils l’appelleront churchill), sa maîtrise de l’Anglais lui doit d’être aperçu par le directeur de la mission protestante qui décide de la aperçu par le directeur de la mission protestante qui décide de le transférer a Menouf. Commence alors l’exode de la famille de Abdel-Messih effendi. En ces années trente où Faltass a peine deux ans et où le roi Fouad se prélasse au Winter palace comme il était de mode parmi les pachas, c’est le départ du Louxor natal et un long voyage en train. Le début d’une vie nouvelle pour la famille Abdel-Messih dans les paysages du Delta ou le garçon apprend a manger les mures au lieu des bonbons de mêlasse. Et c’est, en plein quartier de Ezbet-el-Aqbat (littéralement « germe de Coptes »), la « missionnaire school » avec son école, son hôpital, son court de tennis et ses Anglaise excentriques. Mrs Blond offre des pulls en laine anglaise aux ménages. Cadeau des riches au Tiers Monde dira Faltass et se refusera al les porter. Mr Cooper, le pasteur directeur, nomme son fils Niel car il est ne sur les bords du Nil. Il parle un langage qui n’est ni l’arabe ni l’anglais même sculpteur ’il connaît a fond la poésie arabe. Son sermon du dimanche qui vise à mettre les Coptes sous la férule anlicane, se dit dans un langage bizarre, fait – texto ! – de « kalb », de « Alrouhalkodoss » et de « Allahmakom ». Pauvre Abel-Messih effendi charge par le pasteur de transcrire en caractères latins la prédication anglicane traduite en égyptien ! Au petit Faltass, cette mascarade ne plait guère. Il va jusqu'à auitter un jour la messe et sa foule endimanchée. Il a compris qu’il existe une la nue qui ne les concerne que pour les asservir et ne se méfie de tout langage qui ne passe pas par leurs propres tournures, leurs propres images, leur imaginaire et leur vérité. Même si Faltass l’appelle des fois « folklore ». La parole vraie et qui existe cette fois-ci dans des du Delta. Celles des icônes coptes dans leur or faux et trop brillant et la voix du muezzin. Et cependant, on verra peu a peu bon nombre des descendants de cette famille partir sculpteur ’installer en Amérique. Les destins se jouent des êtres et de leurs terres. On n’y pourra jamais rien.L’icône de Faltass, malgré le ton badin, est un immense document sur l’histoire sociale copte dans toutes ses strates Mais les moments forts de cette autofiction (appelons-la ainsi puisque expérience intime et social du moi se décèle immédiatement) restent les deux grands voyages en train. Du Sud vers le Nord, puis du Nord vers le Sud. Comme pour parcourir en sens inverse le chemin d’une vie, une seule ligne sculpteur ’étire, se replie sur elle même et se referme en boucle…Et voila au la fin du livre toute la famille se retrouve réunie dans un wagon pour les derniers devoirs, Etrange char funèbre avec au centre le cercueil grandiose de Abdel-Messih effendi. La traversée ferroviaire est marquée de deuil. Mais l’humour du caricaturiste ne démord pas de Bahgory et dédramatise la situation. « stop cryogène daddy », dit un petit-fils qui veut absolument faire pipi. Un autre sort un objet de la poche du veston. Le maître se sera dévoue jusqu'à la fin a sa mission : l’ultime objet oublie dans une poche était un morceau de craie blanche. Suivent les retrouvailles de Faltass avec le goyavier qui est maintenant vieux et stérile et son entrée aux Beauty case de Zamalek ou l’accueillent une Venus de Milo et Hassanein, un vieillard gardien de la porte de l’art. L’icône magique du creux de la main est apparue a Faltass, ce jour-la, d’une extrême netteté et, plus que jamais, d’une infinie beauté. |
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Suzanne Lackany |
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